L'Algérie

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L'Algérie.

CAMPAGNE D’AFRIQUE 1830.

D’après les ordres du roi transmis par le général commandant la 18e Division militaire, le 1er Bataillon du 4e Léger fort de 858 hommes, officiers compris, partit de MACON le 6 avril 1830 pour se rendre àTOULON devant faire partie de l’expédition d’AFRIQUE. A son arrivée à TOULON, le bataillon forma avec un autre bataillon du 2e Léger, le premier Régiment de Marche de la 1ère Division du corps expéditionnaire sous les ordres de MM. BERTHEZENE, Lieutenant Général, et PORET de MORVAN, Maréchal de Camp. L’embarquement eut lieu le 11 mai sur le vaisseau de l’Etat, l’ALGESIRAS, et le 23 mai, la flotte se dirigea vers les côtes d’AFRIQUE, en vue desquelles elle arriva le 13 juin.

Le lendemain 14 juin; le débarquement fut préparé dans la baie de SIDI-EL-FERRUCK, tout près d’ALGER. De nombreux chalands devaient transporter nos troupes à terre. Dans le premier prirent place le Général de MORVAN, l’état major du 4e Léger et la compagnie de carabiniers commandée par le Capitaine PATE. A quelques mètres du rivage, les chalands ne pouvaient plus avancer, mais les hommes se précipitaient dans l’eau jusqu’à la ceinture et le Chef de Bataillon du 4e Léger, commandant COUSIN, eut l’honneur d’arriver le premier de toute l’armée sur le sol africain. Le Général et la compagnie PATE le suivirent de près, les autres chalands arrivèrent à leur tour et aussitôt le 1er Régiment de la brigade formé, il franchit les dunes et vint se placer en colonne à la naissance de la plaine. Deux pièces de canon portées par les soldats du 4e Léger, prirent position et des tirailleurs furent lancés en avant pour écarter les BEDOUINS qui inquiétaient la colonne. Mais bientôt l’artillerie ennemie se démasqua et commença un feu soutenu sur les troupes débarquées. Celles ci firent bonne contenance et soutenues par la deuxième brigade, débarquée à son tour, elles marchèrent en avant. La marche était lente et difficile et les tirailleurs devaient débusquer un à un les arabes cachés dans les broussailles. Le premier Régiment ayant fait un crochet à droite pour venir tourner la hauteur où se trouvaient les batteries ennemies, la position fut attaquée vigoureusement et l’ennemi s’éloigna, laissant entre nos mains, 9 canons et 2 mortiers.

Le bataillon du 4e Léger s’établit sur la position conquise et jusqu’au 19, les tirailleurs et ses avant postes ne cessèrent de faire le coup de feu.

Le 19 juin vers 3 heures du matin, les hauteurs environnantes se trouvèrent couvertes de KABYLES; il était évident qu’un combat sérieux se préparait. Au début de l’attaque, nos tirailleurs durent se replier un instant ; mais on forma bientôt des colonnes de soutien et après des efforts énergiques, on marcha en avant jusqu’au fameux camp de STAOUELI qu’on enleva à la baïonnette, et où on s’établit jusqu’au 24 juin. Les pertes de cette journée furent environ de 600 hommes et le 4e léger y était compris pour une assez forte part. L’ennemi ayant reçu de nombreux renforts la lutte recommença le 24 juin. Le 1er bataillon du 4e Léger formé en colonne serrée marcha en avant; trois compagnies en tirailleurs éclairant la colonne; les 25, 26 et 27 juin, ne furent qu’une lutte constante entre nos tirailleurs et des groupes isolés de KABYLES qui venaient tirer quelques coups de feu et fuyaient aussitôt.

On arriva ainsi jusque près du fort NAPOLEON, position formidable qui couvre ALGER et le cimetière des KABYLES. Le culte bien connu de ces tribus pour les morts augmentait encore le désir de vaincre.

Toute la nuit du 27 au 28, le bataillon du 4e léger dut rester en carré sous les armes. Le 28 à 7 h du matin, un cri général se fit entendre et les monticules se couvrirent de femmes et d’enfants.

Une masse compacte de cavaliers et fantassins fondit sur nous, la rage au coeur et culbuta nos petits postes qui n’avaient pas été renforcés suffisamment. Cette masse vint se briser sur le feu de deux canons de la compagnie de carabiniers du 4e léger. Mis en déroute, les KABYLES furent poursuivis par quatre compagnies du bataillon et seulement à la baïonnette car les cartouches étaient complètement épuisées et les généraux avaient répondu à la demande de munitions faite par le commandant: “Si vous êtes attaqués vous vous défendrez à la baïonnette.” Dans ce combat, le bataillon avait eu à lutter à CHAPELLE-FONTAINE contre 6 à 7 000 hommes, les pertes furent de 133 hommes dont 8 officiers.

Cette journée glorieuse pour le Régiment, répond facilement à cette narration complètement controuvée qui prétend que le 4e léger avait ce jour-là, au début de l’attaque, les fusils démontés. Cette assertion calomnieuse doit être repoussée énergiquement, car les documents officiels en prouvent entièrement la fausseté. Quelques jours après ce brillant combat, ALGER tomba au pouvoir de l’armée française et le 1er bataillon du 4e Léger fut désigné pour aller au camp de SIDI-CALLEF construire une grande redoute. Les maladies firent dans ses rangs, de si grands ravages que durant le mois de septembre, le bataillon réduit presque à rien, reçut l’ordre d’aller s’établir au jardin du DEY au bord de la mer, afin d’y refaire la santé languissante des soldats.

Enfin le 23 du mois, ce qui restait du bataillon fut embarqué sur la frégate la SYRENE. Après une traversée des plus malheureuses, le 4e Léger débarqua au Lazaret de MARSEILLE, le 6 octobre.

Il devait se rendre à MACON, son point de départ, mais des ordres nouveaux le firent rester à MARSEILLE où l’état major et les 2e et 3e Bataillon vinrent le rejoindre à la date du 31 octobre et du 2 novembre 1830. En mars 1831, ARLES devint sa nouvelle destination avec de très nombreux détachements, à ANTIBES, à l’île de STE MARGUERITE, à DRAGUIGNAN, etc...

En 1832. l’état major vint à DRAGUIGNAN et quitta cette ville le 3 mai pour se rendre à DIGNE et le 26 mai à GRASSE. Un détachement parti le 10 juin, vint à TOULON recevoir le drapeau tricolore des mains de son Altesse Royale, le Duc d’ORLEANS.

Le 26 février 1833, d’après les ordres du ministre de la guerre, le Régiment vint tenir garnison à PAU (Basses Pyrénées). C’est dans cette ville et au mois de novembre 1835, que le 4e léger reçut, par suite de l’apparition de troupes carlistes en ESPAGNE, l’ordre de faire une démonstration militaire de l’autre côté de la BIDASSOA. La seule apparition du drapeau français fit obtenir les résultats désirés. Les divers cantonnements occupés par le 4e Léger depuis 1833 furent abandonnés et tout le Régiment vint à BAYONNE les 25 et 26 février 1837.

Deux ans après, le Régiment se dirigea sur BORDEAUX où il arriva au moment des émeutes occasionnées en janvier 1839 pour l’embarquement des grains. Au mois d’avril de la même année, il se dirigea sur BLOIS et ORLEANS et de là sur PARIS où il arriva les 21 et 23 mai.

Le 23 août 1839, Monsieur le Duc d’AUMALE fut nommé capitaine de la 1ère Compagnie du 1er Bataillon. Le 15 novembre 1839 S.A.R. fut promu au grade de Chef de Bataillon dans le Régiment et il y resta jusqu’au 1er avril 1840 époque à laquelle elle fut mise à la disposition du Maréchal Gouverneur de 1’ALGERIE. Vingt sept jours après, à la suite de la campagne brillante de MEDEAH, le Régiment fut informé que son Chef de Bataillon, le Duc d’AUMALE, qui avait chargé l’ennemi à la tête des Chasseurs d’Afrique et qui avait été cité à l’Ordre du jour par le maréchal gouverneur était nommé Lieutenant Colonel, mais une nouvelle destination ne lui permit pas de venir exercer son emploi au 4e Léger. Le Régiment conserva le meilleur souvenir d’un Prince qui pendant plus de cinq ans sut donner à ses frères d’armes l’exemple de la discipline et de la parfaite camaraderie. En avril 1842, le 4e Léger quitta PARIS pour la BRETAGNE.

En BRETAGNE comme partout, le 4e léger se fit remarquer par sa belle tenue, sa discipline et de nombreux actes de dévouement, parmi lesquels le. sauvetage de l’équipage du ST JOSEPH échoué sur la côte de BREHAT. Au mois d’octobre 1845, il quitta la BRETAGNE et vint en garnison aux environs de PARIS. d’abord au MONT VALERIEN puis à RUEIL et ST CLOUD où il fit un service d’honneur auprès du Roi. En décembre 1847, il reçut pour nouvelle destination CHERBOURG. Lorsqu’éclata la terrible insurrection de juin, le 4e Léger reçut l’ordre de se diriger en marche forcée de CHERBOURG sur CAEN pour être transporté de là à PARIS. Mais l’insurrection ayant été vaincue, il revint à son ancienne garnison d’où il partit le 9 juillet 1849 pour aller prendre garnison à ROUEN. Il quitta cette ville le 10 mars 1851 et vint à AUXONNE (Côte d’Or).

Lors des troubles de 1851, le Régiment fut réparti en 6 endroits des départements de la SAONE ET LOIRE et du JURA et occupa LONS LE SAULNIER, SALINS, le fort de RENNES, CHALONS, AUTUN et MACON.

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